Pourquoi y a-t-il des régions stars dans le monde du vin ?
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Illustration : Quentin Fossaert
Pourquoi ne parle-t-on jamais de grands vins du Nord-Pas de Calais ? Qu’est-ce qui fait que certaines régions comme le Bordelais ou la Bourgogne sont des stars dans le monde du vin ? C’est quoi un terroir, qu’est-ce que ça change ? La réponse à toutes ces questions se fonde sur trois éléments principaux …
Le vin, c’est un peu comme une recette de cuisine. Les ingrédients sont très importants, tout comme le savoir-faire du cuistot. Dans le vin, les ingrédients principaux sont la terre et le climat. Associés au savoir-faire des hommes et des femmes, ceux-ci peuvent donner de véritables chefs d’œuvres. Seulement, il n’y a que quelques régions qui possèdent toutes ces qualités.
La terre, un emplacement stratégique
La terre détermine le choix du cépage (type de raisin) que l’on va cultiver. Certains pieds de vignes préfèrent certains sols à d’autres, tantôt caillouteux, tantôt argileux, calcaires ou autres.
C’est quoi un sol de qualité ?
En fait, un sol de qualité c’est comme un repas équilibré : il faut une proportion idéale de minéraux (calcium, magnésium, phosphore, etc.) qui permettront à la vigne de bien s’alimenter. Cette proportion varie selon les cépages. De plus, comme tout être vivant, le pied de vigne doit respirer. La terre ne doit donc pas être trop tassée pour permettre aux racines de pouvoir bien s’enfoncer et d’absorber plus facilement les minéraux. Des racines profondes permettront d’exploiter davantage la richesse du sol.
Attention cependant ! Une terre trop fertile n’est généralement pas adaptée à la viticulture car elle favorise plus le feuillage que le fruit. Dans notre cas de parfait apprenti œnologue, cela nous embête quelque peu ! Finalement, les racines n’aiment pas avoir constamment les pieds dans l’eau. La vigne ne va donc pas s’épanouir sur un sol marécageux alors qu’au contraire, certains cépages donnent de beaux fruits sur des sols pauvres.
Enfin deux autres paramètres sont trop souvent oubliés alors qu’ils sont essentiels pour composer un terroir : la pédofaune, c’est à dire toutes les bestioles qui grouillent sous vos pieds et qui donnent une bonne terre, ainsi que les micro-organismes, c’est à dire tout ce qui est bactéries et levures, essentielles à la transformation d’un sol. Vous comprendrez donc naturellement que tout ce qui est pesticide et traitements chimiques tuent cette petite faune et micro-organismes et font décliner la qualité d’un terroir.
Le climat ou le paramètre non maîtrisable
Le climat c’est ce qui peut faire réussir ou planter un barbecue ! Eh bien… C’est pareil pour les récoltes ! Les vignerons voudraient eux aussi pouvoir claquer des doigts pour contrôler la maturité des raisins comme ils le souhaitent. Mais finalement, c’est ce qui fait aussi le charme du vin, on ne parle pas de millésimes pour rien !
Si le soleil est essentiel pour faire mûrir le raisin, certains cépages s’adaptent mieux à des climats chauds et secs tandis que d’autres s’épanouissent davantage dans des régions tempérées. Plus il y a de soleil, plus le raisin est mûr donc sucré. À l’inverse, moins il y a de soleil, plus le raisin est acide. Des raisins gorgés de soleil donneront plutôt des vins puissants et tanniques pour les rouges ou faiblement acides pour les blancs. L’acidité permet de rendre le vin plus dynamique et léger en bouche, voire de développer des saveurs plus subtiles. Tout dépend donc de ce que l’on veut privilégier !
Vous pouvez souvent voir des vignes plantées sur des collines, eh bien c’est tout simplement pour les exposer un maximum au soleil grâce à l’inclinaison.
Évidemment, il n’existe pas que des facteurs climatiques positifs au développement du vin! Ceux-ci peuvent s’avérer particulièrement destructeurs, comme en période de gel ou de grêle. Ce type d’intempérie peut ruiner tout le travail réalisé en amont… Il s’agit ici d’une des raisons pour lesquelles les vignerons récoltent parfois le vin plus tôt que prévu. En cas de prévisions météorologiques catastrophiques, le raisin est parfois récolté prématurément et ce, hélas, souvent au détriment de la qualité du vin.
Ces deux ingrédients, la terre et le climat, c’est ce que nous appelons le terroir ! C’est l’ensemble de toutes les petites spécificités d’une parcelle géographique qui permettent alors de donner des vins uniques. Prenons un exemple pour illustrer. Dans une même région, il existe plusieurs microclimats avec des sols différents d’une parcelle à une autre, ainsi qu’une inclinaison plus ou moins forte. Associez à cela une quantité de cépages différents avec pour chacun c’entre eux plusieurs clones (variantes d’un même cépage) et des multiples savoir-faire, vous comprendrez pourquoi il existe une telle diversité de vins !
Et le savoir-faire alors ?
Le savoir-faire des hommes et des femmes, c’est la valeur ajoutée au terroir ! C’est ce qui donne l’âme d’un vin. Il suffit d’une mauvaise vinification pour que vos beaux raisins ne donnent qu’une vulgaire piquette ! Mais tout ne se résume pas à la vinification… L’entretien des vignes, le rendement choisi, les vendanges, les méthodes de traitement et toutes les autres petites actions du quotidien prennent toute leur importance dans l’élaboration d’un vin. Certaines régions possèdent un savoir-faire acquis depuis des siècles. On comprend alors pourquoi c’est souvent dans ces régions que se forment les apprentis. Cependant, rien ne vous empêche de vous y mettre vous aussi !
Si nous résumons, nous pouvons comparer la vigne à un être humain. Celle-ci a besoin d’être bien alimentée et doit s’adapter au climat. Par ailleurs, sa bonne croissance dépend également d’un savoir-faire et d’une sagesse d’hommes et de femmes qui lui permettent de s’épanouir. Et comme vous et moi, elle préfère certaines régions à d’autres !
Ou encore en poésie : « Les grands terroirs sont comme un concert, le terroir est la partition, la vigne est l’instrument et le vigneron est l’interprète. » Lydia Bourguignon








